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Journal de bord
page 30 - Croisière initiatique aux Genadines
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Samedi 3 février
j'étais à l'aéroport du Lamentin, en Martinique, pour
accueillir Agnès et Francis intéressés par une croisière
initiatique aux Grenadines à bord de Sillage 1.
Ils ont écrit un
livre de bord que je publie in extenso ci-dessous.
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Agnès et
Francis
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Une histoire à bord d'un catamaran Lagoon
380
Journal de bord de Agnès et Francis
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Notre projet de vacances d'hiver 2006-2007 ne résulte
pas du hasard. Il s'inscrit dans un projet plus général
de départ autour du monde, et de vie à bord d'un
catamaran habitable équipé pour le voyage pendant
plusieurs années. Depuis trois ans, nos temps de loisirs
sont orientés essentiellement à la réalisation de ce
projet. Nous savons déjà, après avoir fréquenté
assidûment les salons nautiques, contacté les
fabricants, exploré une foule de sites internet de
couples ou de familles ayant réalisé ou réalisant un
projet similaire, aussi examiné nos ressources puisque
"nerf de la guerre demeure nécessaire", que notre choix
se portera sur un Lagoon 380 S2, catamaran qui convient
le mieux à notre programme…et à nos moyens. |
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Ayant acquis cette certitude, ayant déjà loué plusieurs
monocoques, embarqué sur un Bahia 46 par l'intermédiaire
d'un opérateur de voyage, et plus qu'un essai rapide de
quelques heures organisé par un constructeur ou un
éventuel vendeur, il nous est apparu qu'il nous fallait
rechercher l'oiseau rare, le propriétaire de catamaran
Lagoon 380, parti depuis déjà plusieurs mois, ayant
fiabilisé son bateau, qui nous accepterait à son bord,
nous permettant ainsi de voir ce cata dans des
conditions variées et de bénéficier de son retour
d'expérience. |

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Nous avons ainsi rencontré Claude, avec qui nous avons
embarqué sur Sillage 1 pendant deux semaines au départ
du port du Marin en Martinique à destination des Iles
Grenadines baignées à cette époque de l'année par des
alizés bien établis et soutenus. |
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Samedi 3 février
Les sacs souples sont prêts et prenons un vol AF pour la
Martinique d'une durée de 8 heures environ.
L'atterrissage est comme le vol, impeccable, et une
volée d'applaudissements saluent le Commandant de bord.
Une chaleur moite nous attend à la sortie de la
carlingue, c'est du moins ce que nous pensons avant de
constater notre erreur. Il fait bon, aux alentours de 26
°C et l'humidité n'est pas au rendez vous. Les
formalités de police sont effectuées rapidement tandis
que nous cherchons déjà Claude, notre Capitaine, du
regard. Il est là, et déjà nous emporte pour les
quelques km qui nous séparent du mouillage du Marin.
L'homme est d'abord agréable, les premiers mots sont
échangés et une première impression se dégage: il est
probable que le courant passe ! |
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Un arrêt rapide pour compléter l'avitaillement avec des
légumes et des fruits frais et c'est déjà le transfert
en annexe à fond rigide vers la zone de mouillage
occupée par une quantité de monocoques (souvent dénommés
traîne-plomb) ainsi que plusieurs catamarans.Nous voyons
déjà Sillage 1 (normal pour des personnes qui aspirent à
en posséder un), ses coques accueillantes, ses spacieux
cockpit et carré, ses voiles bien enroulées ou rangées,
ses drisses, écoutes et bosses correctement lovées à
leurs postes de repos tandis que sur les filières ou
balcons sont arrimés par des nœuds de cabestan d'autres
bouts ayant chacun un usage bien précis résultant de
l'expérience de son Capitaine. Organisé le patron !
C'est l'heure de faire davantage connaissance autour
d'un ti' punch, de découvrir l'homme, de nous révéler un
peu aussi ; la soirée est conviviale ; les questions
fendent l'air, nombreuses et variées mais focalisant sur
l'objet de nos rêves : le Lagoon 380 et la vie à bord.
Nos appréhensions se sont envolées. |
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Dimanche 4 février
Premier petit déjeuner dans le cockpit avant un dernier
tour à terre pour complément d'avitaillement et
formalités de douane. Il est temps de filer vers l'anse
de Ste Anne en sortie du Cul de Sac du Marin ; le
robuste guindeau CAYMAN ramène les trente mètres de
chaînes ainsi que l'ancre DELTA et c'est sous génois
seul que nous embouquons le chenal de sortie, propulsés
par une belle brise à la vitesse de 7 nœuds. Le
chenalage est simple ; encore faut-il ne pas oublier que
nous sommes en zone B (Amériques, Antilles, Pacifique,
Japon, Corée, Philippines) : on balise ( à l'inverse de
nos chenaux en métropole) dans le sens de la sortie. La
bouée verte est cylindrique et la rouge est conique.
Nous mouillons à deux encablures de la bande littorale
des 300 m. Repos à bord. |

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Lundi 5 février
Le beau temps est là. Une petite balade au bourg de Ste
Anne, sa mairie arborant le pavillon indépendantiste et
les idées de son élu, son petit marché haut en couleurs
avec Monique et ses produits miracles et il est temps de
lever l'ancre vers Ste Lucie, l'île la plus voisine au
sud. Il y a bien sûr le "canal" à franchir et environ
une trentaine de milles jusqu'à Marigot bay. Agnès
s'amarine doucement et la mer dans le canal est
relativement clémente pour cette fois. Le bateau est
bien dans son élément et nous arriverons à destination
vers 16h00, poussés bâbord amures à 8 kts sous GV et
génois par un bel alizé. Marigot Bay est un bon abri
sous le vent de Ste Lucie et nous mouillons sur le côté
gauche de l'entrée du chenal. Baignade rapide, visite en
annexe et c'est déjà "happy hour", la nuit tombe. Juste
le temps d'accoster un ponton et de se rendre au
"Château Mygo" pour un rafraîchissement suivi d'un dîner
de filets de dorade coryphène. L'air du soir est doux,
et nous rentrons à bord, satisfaits de cette première
journée de navigation. Surprise du jour: on capte
Internet en Wifi au mouillage !
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Marigot Bay
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Mardi 6 février
Il nous faut continuer notre descente vers l'archipel
des Grenadines et l'étape du jour est Cumberland Bay
sous le vent de l'île de St Vincent, à environ 90
milles.Le départ est prévu de bonne heure pour arriver
en milieu d'après-midi. Le temps est maussade et il y a
encore un canal à franchir, un peu plus long celui là,
le canal de St Vincent. La navigation démarre calmement
sous le vent de Ste Lucie, une bande de dauphins vient
jouer avec nos étraves: émotion... pour les personnes
qui sont sensibles à ces plaisirs. |

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Un ris est pris dans la grand voile en prévision de la
survente au passage de la pointe sud de l'île à l'ouvert
du canal. De plus, des grains ne cessent de passer dans
notre sud est. L'alizé est ENE et le vent monte
effectivement à 30 kts sous les grains. Ce type de temps
constitue pour nous un bon entraînement à la navigation,
à l'appréciation de l'environnement, à la gestion du
vent apparent, de la dérive, de la voilure et des
manœuvres courantes. Claude est un bon "moniteur" pour
nous, apprentis de la mer. Il se plait d'ailleurs à nous
rappeler l'antique proverbe breton :
"Qui veut vivre vieux marin doit saluer les grains et
arrondir les pointes". Une ligne de traîne est mise à
l'eau et soudain le moulinet se dévide à grand bruit. A
peine le temps d'apercevoir un magnifique espadon
voilier sauter hors de l'eau (dont la taille demeure un
point de discussion) que la ligne casse et que notre
invité reprend sa liberté. Nous sommes soulagés car il
est préférable que ce bel animal demeure en vie dans son
élément. |
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Nous
arrivons à Cumberland Bay à 15h00, un peu méfiants
compte tenu de notre expérience deux années auparavant
lors d'un mouillage en monocoque dans la baie. Seuls au
mouillage, très sollicités par les "water boys" et les
petits vendeurs locaux sur leurs flotteurs de planche à
voile, mal mouillés et amarrés à la bermudienne à un
ponton branlant, le tout dans un paysage nous semblant
sinistre, nous avions alors ... fui. |
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Cette
fois-ci, le mouillage est occupé par plusieurs bateaux
et le site un peu plus animé; les water boys sont là
également mais corrects. La plage de sable noir est
fréquentée par des habitants du village du versant nord,
le petit ponton a été refait à l'initiative d'un couple
de pirates français qui tiennent une taverne installée
depuis 2005 à droite de la plage, j'ai nommé Line et
Bruno Loizeau qui ont posé leur sac de toile au
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"Black
Baron", un repaire de pirates avec sa malle aux trésors,
ses ânes, ses cochons et sa plantation d'ananas.
l'excellente cuisine de Line et l'accueil chaleureux de
ce couple font de cet endroit un incontournable rendez
vous pour les navigateurs de la région. La soirée se
termine avec Line et Bruno, lesquels nous racontent la
vie, leur vie dans l'île de St Vincent. |
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Bruno, Line
et Claude
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Mercredi 7 février
L'étape du jour est plus courte. Il s'agit de rejoindre
Admiralty Bay à Bequia après avoir franchi le canal du
même nom. Nous mettrons à peine trois heures pour
franchir la quinzaine de milles qui nous séparent de
notre prochain mouillage. La pioche tombe dans une eau
limpide et les 30 m de chaîne de 10 mm sont filés pour
garantir la tenue du mouillage. Balade dans la petite
ville de Bequia, sur la rive sud de la baie, bordée de
petits restaurants sympathiques avant de se rafraîchir
au Frangipani, sympathique endroit qu'on ne peut pas
manquer. Retour et dîner à bord et soirée en musique
sous un ciel étoilé grâce à l'incroyable sonothèque de
Claude. Organisé le patron !
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Bequia
(prononcer béquoué) |
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Jeudi 8 février
Claude va effectuer les formalités d'entrée à St Vincent
tandis que nous nous promenons encore et visitons le
marché de Bequia. Nous le retrouvons dans un cybercafé
(Internet est partout !) où il a consulté les fichiers
météo pour la période à venir, et nous retournons
déjeuner à bord. C'est Claude qui est au fourneau ! Et
il s'y connaît ! Le temps de se ravitailler en eau
(suite à une panne sur le dessalinisateur) et il est
temps de rejoindre notre prochaine étape à Charlestown
Bay au nord de l'île de Canouan. La brise est modérée et
mise à profit pour gréer et envoyer le genaker léger.
Nous arrivons au mouillage en milieu d'après-midi avec
un temps maussade et de nombreux grains. La sortie à
terre est remise à plus tard, la nuit tombe déjà.
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Vendredi 9 février
Nous quittons Charlestown Bay en matinée pour rejoindre
South Glossy Bay avant de pousser plus sud vers les
Tobago Cays. Le beau temps est revenu et pénétrons le
petit archipel dans le magnifique chenal entre Petit
Bateau et Petit Rameau, laissons derrière nous les
bateaux mouillés en nombre et contournons Baradal pour
mouiller seul ou presque, sous le vent et à une
encablure du reef s'étendant à l'ouest de l'archipel. Le
site est magnifique. Baignade, repos et dîner à bord
ponctuent cette belle journée. Le site est magnifique.
Baignade, repos et dîner à bord ponctuent cette belle
journée |
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Samedi 10 février
Le soleil est
déjà là à 08h00 pour nous accompagner dans un petit
déjeuner avec vue sur Petit tabac de l'autre côté du
reef. Un peu plus tard, Claude nous emmène en annexe
vers le reef pour un peu de snorkeling. Les eaux sont
poissonneuses, il y a des coraux vivants, de belles
gorgones se balancent au gré du mouvement des eaux
tandis que des lambis paressent sur le fond sablonneux;
que du plaisir !Puis nous allons faire une balade sur
l'îlot de Baradal pour avoir un beau point de vue sur
les Tobago Cays et là, surprise
! Nous entendons du bruit dans les épineux nous
entourant. Des iguanes occupent l'île et fuient en tous
sens à notre approche. Nous les laisserons en paix et
retournerons à bord pour déjeuner avant de poursuivre
notre périple vers l'île d'UNION. |
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Un peu plus d'une heure de navigation nous sépare de
cette île et c'est sous Genaker seul que nous laisserons
ces eaux enchanteresses. Nous longeons le reef bordant
le sud-est de l'île avant de franchir la passe d'entrée
et virer rapidement sur tribord pour rejoindre un
mouillage au NE du plan d'eau, à une encablure d'une
curiosité, j'ai nommé Happy Island. Il s'agit d'un îlot
fabriqué de la main de son créateur : Gentil. Assemblage
de lambis maçonnés, surmonté d'un petit bistrot bien
sympathique et diffusant de la musique locale, tenu par
un personnage sympathique et accueillant toujours prêt à
vous servir des rafraîchissements. Le soleil a déjà
achevé sa course dans le ciel et nous rentrons à bord,
repus de cette belle journée. |
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Happy Island
(derrière l'île de Palm Island)
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Dimanche 11 février
Aujourd'hui, nous descendons à terre pour une balade
vers Fort Hill. La pente est sérieuse , des pauses sont
effectuées… sans doute pour mieux admirer la vue. Le
point de vue au sommet, après avoir franchi l'enceinte
en pierres, vaut le détour; encore faut-il ne pas y
aller trop tôt pour avoir la bonne lumière avec le
soleil déjà assez haut dans le ciel. Nous croisons des
enfants qui jouent aucerceau, des femmes qui devisent
tranquillement, un monde en paix. Nous redescendons vers
le village et achetons quelques fruits chez Jenny qui
tient sa boutique sur la droite un peu après l'entrée du
village, rencontrons Robert et Annie qui tiennent une
Galerie d'Art depuis 30 ans, et poursuivons vers
Capitaine Gourmet pour compléter l'avitaillement. Nous
trouvons même de la papaye verte afin qu'Agnès puisse
essayer une excellente recette de Line rencontrée au
Black Baron à Cumberland Bay. Le village est sympathique
et nous terminerons cette visite par un pot chez
Jean-Marc. L'adresse est inutile: tout le monde le
connait. Retour à bord et départ dans l'après-midi vers
l'île de Petit St Vincent qui marque la limite sud de
l'état de St Vincent.
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Le mouillage devant le ponton sous le vent de l'île est
agréable mais tout semble quelque peu aseptisé, l'île
étant à elle seule un Resort de luxe où endroit bien
précis. La fin de soirée sera animée grâce à moi, le
donneur de leçons sur le bon usage des toilettes du
bord: la poulaine Bâbord est bouchée avec deux feuilles
d'essuie-tout jetées malencontreusement dans la cuvette
après nettoyage de la salle de bains. Le démontage de la
pompe et de ses raccordement n'y feront rien et l'ennui
semble se situer au niveau du passage de coque. Qu'à
cela ne tienne, c'est équipé d'un masque, tuba et d'un
tire-bouchon, éclairé par ma belle, que j'irai explorer
les flancs du navire à la recherche du passage de coque
incriminé. Le bouchon est là, immaculé, résistant à mes
assauts, avec moi qui me débat pour rester en appui au
milieu d'une myriade de minuscules crevettes
phosphorescentes spectacle offert par la nature, quel
émerveillement ! Enfin le bouchon cède à mes tractions,
libérant le précieux conduit. J'en profiterais tant qu'à
faire pour dégager les tartres accumulés dans les autres passe-coques, redonnant une nouvelle jeunesse à notre
lavabo bâbord quelque peu récalcitrant à la vidange. Un
rouleau d'essuie-tout peut ainsi vous faire passer une
"sacrée soirée", qu'on se le dise! Excuses et regrets
seront transmis avant que chaque partie regagne sa coque
respective pour un repos bien mérité. |
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Lundi
12 février
Le ciel est couvert, des grains sont visibles tandis que
nous quittons le mouillage de Petit St Vincent pour
rejoindre l'île de Petite Martinique toute proche, afin
d'y faire le plein d'eau douce et de gazole. Un
accostage délicat par 25 kts de vent puis les pleins
sont faits rapidement et nous remontons ensuite vers
l'îlot Morpion. Nous remontons? Oui, nous avons atteint
le point le plus sud de notre périple et entamons la
remontée… L'arrêt sur cet îlot est d'ailleurs
déprogrammé compte tenu du temps maussade et du vent
soutenu qui rend le mouillage dangereux. De plus, les
deux dernières années ont vu l'îlot se modifier et il
n'exerce plus sur nous le charme qui s'en dégageait à
notre première visite. Les lignes de grains se succèdent
et nous remontons au près, au vent de Union sous GV et
Genois à 50 %. Nous avons plus de trente nœuds de vent
apparent et avons pris un ris et enroulé le génois à 50
%. L'île de Mayreau ne se laissera aborder à Saline Bay
que vers midi.Après le déjeuner, nous descendons à
terre tandis que les pluies sont de plus en plus
menaçantes et montons vers le village qui abrite à peine
200 âmes. Un grand rasta nous invite dans son antre, un
"café" rasta typique, il s'agit de Robert et de son
harmonica. Des adolescents l'accompagnent en jouant du
jambé et l'après-midi file ainsi au rythme de la
musique. Une visite à l'église qui domine l'île avec une
vue à ne pas manquer par beau temps sur les Tobago Cays
et sur Salt Whistle Bay sur l'autre versant. Nous
profitons d'une accalmie pour rentrer à bord
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Mardi 13 février
Nous nous levons tôt pour une belle journée de
navigation à destination de Bequia. Le vent est établi
ENE à ~28 kts, la mer est agitée et nous sommes sur
pilote auto réglé à 47° en vent apparent. Nous filons
entre 6 et 7 kts sous GV à un ris avec génois. Les
bateaux qui remontent comme nous sont au moteur et
tapent dans les vagues tandis que nous sommes bien assis
sur nos deux coques. Nous arriverons à Bequia dans
l'après-midi avec une soirée prévue à terre en amoureux;
c'est le Valentine Day… ou presque. Ce le sera compte
tenu du fait que nous n'aurions pas trouvé un restaurant
le lendemain à l'escale prévue. Nous allons passer une
excellente soirée au Frangipani, endroit préféré des
navigateurs, au bord de l'eau dans une ambiance très
sympathique, en musique avec un excellent guitariste,
une remarquable dorade coryphène au beurre de citron, la
rencontre de Paul et Mary d'Ottawa et Claude qui nous
rejoint pour la fin de la soirée. |
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Mercredi 14 février
Nous quittons Bequia vers 10h00 pour rejoindre
Cumberland Bay sur l'île de St Vincent. Le beau temps
est revenu ! La traversée est calme par une belle brise
d'Est d'une quinzaine de nœudsLa nature aidant et la
force de Coriolis permettront à la brise généreuse de
nous laisse passer la pointe sud de l'île de St Vincent
au portant. La ligne de traîne demeure vide de tout
poisson et il nous faut déjà virer à droite dans la baie
de Cumberland. Mouillage à la bermudienne comme à
l'aller, baignade tandis que Claude va saluer Line et
Bruno que nous retrouverons en fin d'après midi.
Curieusement ce soir, le restaurant n'est pas fréquenté
et nous sommes invités à partager leur table pour une
soirée très sympathique au cours de laquelle nous
fêterons l'anniversaire d'Agnès avec 48 h de décalage,
géographie oblige ! |

Black Baron à
Cumberland |
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Jeudi 15 février
Aujourd'hui, longue navigation jusqu'à Rodney Bay à Ste Lucie.
Nous levons la pioche à 07h30 alors que l'équipage d'un
catamaran voisin prend encore le café bien qu'il nous ait promis
d'arriver avant nous à Rodney Bay. La brise nocturne achevant de
s'évanouir sous le vent de l'île, il nous faudra faire un peu de
moteur pendant une heure avant que Eole, acceptant de nous faire
une faveur, ne nous invite à mettre la voile. Un banc de bonites
sautant hors de l'eau en tous sens vient nous saluer sur tribord
tandis que nous continuons notre progression vers le nord. La
pointe de l'île approche et nous nous préparons à la survente en
prenant le ris traditionnel. Nous avons eu raison de prendre
cette précaution car le vent a atteint rapidement Force 6 avec
des grains successifs et une mer croisée dans laquelle le bateau
s'est bien comporté deux heures durant. Le ciel a bien voulu
s'éclaircir et le canal s'est laissé traverser sans autre
difficulté. De nouveau à l'abri sous le vent de Ste Lucie, la
ligne de traîne s'est mise à crépiter du bruit caractéristique
du moulinet qui se dévide. Claude s'est saisi de la canne tandis
que je choquai l'écoute de grand voile ainsi qu'un peu le génois
pour perdre en vitesse. Assis sur la jupe bâbord, un vieux
mocassin placé entre ses cuisses et recevant le pied de la
canne, notre skipper a commencé à ramener le poisson…
indéterminé jusqu'à ce momentA quelques mètres du bord,
apparaissait alors furtivement dans l'eau bleue un spectaculaire
miroitement, il était beau mais encore inconnu. Un coup de gaffe
bien placé et la force des bras ont hissé à bord une belle
bonite d'une douzaine de kilos, laquelle allait réjouir nos
papilles une heure plus tard à l'arrivée à Rodney Bay. Cette
chair savoureuse en carpaccio nous a fait remercier cette mer si
généreuse et le talent de Claude. Le catamaran cité plus haut
arrivera au mouillage deux heures après nous, comme quoi les
Lagoon 380 s'en tirent bien. Plus tard dans l'après-midi, une
autre surprise nous est réservée
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Un Lagoon
380 S2 se présente dans la baie et vient mouiller à une
encablure sous notre vent. Il s'agit d'un bateau rencontré à la
Rochelle à la fin du mois de juillet 2006, alors en fin de
préparation pour le grand départ.Un coup d'œil à la paire de
jumelles nous invitera à rester discret: le patron est en
famille. Nous étions simplement heureux qu'il soit bien arrivé
de ce côté du monde, nous projetant déjà dans ce bonheur que
nous nous préparons. |

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Vendredi
16 février
C'est
notre dernier jour de mer ! Le canal de Ste Lucie, pour
rejoindre l'anse Ste Anne à l'ouvert du Cul de sac du Marin en
Martinique, sera clément cette fois. Nous aurons une belle
navigation avec une gentille brise, comme si le vent nous
accordait de prolonger un peu notre bonheur, notre bonheur
d'être sur l'eau tout simplement, dans les mains de cette belle
nature, de cet océan. L'anse Ste Anne est déjà devant nous,
accueillante. |
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Pendant
la prise de notre mouillage, un jeune couple sur un petit esquif
tout juste habitable, surmonté d'une voile qui a beaucoup
voyagé, tire des bords pour explorer le plan d'eau et décider
enfin de l'endroit idéal. Ils gîtent, lofent, abattent et
maîtrisent leur monture entre les nombreux bateaux déjà
mouillés, jusqu'à tout affaler et courir sur leur erre pour
atteindre le lieu choisi. Nous les voyons de loin, ils sont
beaux sur leur bateau ! Encore une baignade dans cette eau à 26
°C et l'après-midi se termine dans le chenal du Marin pour le
mouillage définitif. C'en est fait de cette marée ! Les drisses
et écoutes sont rangées, la grand voile ferlée dans son bag, les
aussières correctement rangées dans les pics avant; pas un nœud
de cabestan ne manque ! Claude nous emmène à terre pour déguster
des ribs et des accras; c'est curieux, la terre roule et tangue…
bizarre!
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Samedi 17 février
C'est
notre dernière journée en Martinique. Claude a loué une
voiture pour se balader un peu dans l'île avant de nous
accompagner à l'avion qui nous ramène en métropole. Nous
laissons derrière nous avec nostalgie Sillage 1 et son
skipper expérimenté et d'une grande gentillesse. Cuisinier à
ses heures, moniteur pour tout ce qui est voile, pédagogue,
amateur de musique, Claude nous a permis de passer de
superbes vacances tout en nous apportant sa connaissance du
Lagoon 380 avec sérieux, humour et décontraction. |
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On ne
s'est pas pris le chou, c'était chouette! |
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A bientôt
les amis.
Sur Sillage
1 ou à la rencontre de votre futur Lagoon
Captain Claude |
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